Résumé: Cette contribution se base sur une recherche qualitative menée principalement en France, notamment sur le territoire parisien, afin d’explorer le phénomène de la migration féminine ivoirienne à travers une perspective de genre. La recherche vise à examiner l'intersection entre la vulnérabilité, l’exploitation, les discriminations de genre d'une part, et les processus potentiels d'émancipation, d'autonomie et d'affirmation d'autre part, rendant ainsi la complexité et la polyvalence qui caractérisent ce phénomène migratoire spécifique. L’élément central de cette étude réside dans le concept d’autonomie lié à la migration féminine ivoirienne, que nous avons mis en évidence en expliquant ses origines, ses dynamiques et sa réalisation. Après une analyse approfondie du contexte socio-économique et culturel ivoirien, cet article retrace le parcours migratoire des femmes ivoiriennes, en se focalisant sur les conditions de vie et d’accueil dans les pays désignés comme “de transit” (Maroc, Tunisie, Italie), et en analysant ensuite le contexte français. L’étude met l’accent sur les stratégies de survie et de régularisation mises en œuvre par les femmes ivoiriennes, non seulement pour faire face aux multiples discriminations et aux violences qu’elles subissent, mais également pour façonner leur propre parcours d’affirmation et d’autonomie, souvent entravé par des politiques européennes en matière d’immigration et d’asile extrêmement problématiques.
Mots-clés: migration féminine ; Côte d’Ivoire ; genre ; vulnérabilité ; violence basée sur le genre (VBG) ; autonomie ; régularisation.